Chronique coup de coeur : Seule la haine nous unira

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4e de couverture :
Ils sont cupides, vicieux, égoïstes, mythomanes, fourbes, opportunistes. Ils n’ont aucune pudeur, aucune morale. Il y a quelque chose en eux de foncièrement mauvais, quelque chose qui les pousse à voir les autres soit comme des obstacles, soit comme des proies potentielles. Ils sont liés par une farouche antipathie pour ce monde qui les entoure. C’est cette haine qui les a probablement fait se rencontrer et qui les a réunis. Qui en a fait un couple à part.

num noir

Elle s’appelle Martine ; lui n’a pas de nom et on s’en passe. Tous les deux sont largement barrés sur les bords ; même leur écart d’âge n’a pas pu les séparer. Il est un peu comme un gigolo entretenu par sa rombière. Ensemble ou séparément, ils œuvrent avec la même aigreur, la même haine des sans morale. Leur passé, du moins celui de Martine, explique bien des choses.
Je viens de lire Seule la haine vous unira, un roman noir de Gilles Aubigny, publié chez Num éditeur. Je ressors chamboulée de cette lecture, encore imprégnée de l’écriture très forte, de la justesse des mots, et de la palette d’émotions qu’elle a suscitée en moi. C’est rare et c’est un coup de cœur. Ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps, mais ici avec ce texte de Gilles Aubigny, j’ai eu l’impression de toucher à l’âme de l’auteur qui elle-même touche l’âme du lecteur.
Avec une gouaille incroyable, l’auteur à la plume caustique mais sensible explore la noirceur des plus bas instincts de l’homme, nous entraîne dans une valse sordide où l’autre devient l’objet de tous les fantasmes : objet de vengeance, objet défouloir, objet transitionnel, même, au travers de cette mère et de son enfant handicapé qu’elle manipule comme une poupée. On a parfois l’impression d’assister à une espèce de banquet au milieu d’une cour des miracles.
Par moments, à travers l’analyse des comportements humains, on croise l’auteur au détour d’une réflexion et on fait un bout de chemin avec lui, en parfaite communion avec ce qu’il tente de nous faire toucher du doigt. C’est là pour moi une des grandes forces de ce roman. C’est noir, désabusé, très juste dans le ton et dans les intentions. C’est terrible, drôle, émouvant, souvent déjanté, parfois poétique. On passe de l’horreur aux grands éclats de rire (l’épisode du faux facteur est un morceau d’anthologie), on se laisse porter par des moments de tendresse, pour aussitôt replonger dans les bas-fonds de l’âme humaine.
C’est un roman qui remue parce qu’il touche à des évènements que l’on a connus, qui font écho même si l’on n’a pas vécu les situations ou si l’on ne les a pas vécues de la même façon.
C’est un roman que l’on doit lire en s’apprêtant au grand chamboulement tant l’empathie est forte. Une lecture que je recommande à tous les amateurs de thrillers psychologiques.
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2 réflexions sur “Chronique coup de coeur : Seule la haine nous unira

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