L’auteur propose, le personnage s’impose

coiffure-avec-frange-maniatis-2014-6-01-904592_H121039_L_w650

ma première représentation d’Anaïs Dancourt

J’ai horreur de planifier. Chaque fois que je m’y laisse prendre, je change sans arrêt ce qui était prévu.
Comment peut-on présager de l’avenir ? Est-il possible que la théorie appliquée à la pratique ne bouge pas d’un iota ?
J’ai pourtant planifié cet article pour le lundi 17 août 2015. Amusante coïncidence, le 17 août est la date anniversaire d’Anaïs Dancourt. Le fameux jour qui a signé la mort de Miss Zapping.
La fiche personnage d’Anaïs Dancourt est la première que j’ai établie. Ce n’était pas une vamp, juste une jeune fille mal dans sa peau, un peu maigrichonne, brune, cheveux très courts, un peu garçonne, avec jeans et ceinturon. Dans sa différence d’après l’agression, elle devait devenir l’amie de Pierre Bellard, jeune déficient mental dont elle s’était toujours moqué et qui devait lui apprendre à réapprivoiser la vie. Luc Armand, son petit ami du moment ne devait pas dépasser le stade du premier chapitre. Il est devenu un des acteurs principaux.
Ce qui se planifie dans la tête n’a plus la même forme quand il arrive sur le papier. Ici, pour ce roman, il ne s’agissait de toute façon qu’un essai de style. Du propre et bien net, j’ai dû faire sauter les négations, trouver des synonymes plus familiers, des tournures plus relâchés, moins joli joli, quoi, tu vois ?
« Ça sent la sueur et l’eau de toilette surchauffée, ça pue le mâle en rut et la femelle en chaleur : qu’est-ce qui lui a pris d’accepter l’invitation de Miss Zapping ? »

riddick

Vin Diesel, ma représentation de Vincent Ferrand

Mais il est très vite devenu impossible pour Vincent Ferrand de se retrouver face à une maigrichonne à l’allure garçonne. Le personnage n’était pas assez fort pour lui, pas assez englué dans ses apparences si noires et si trompeuses.
Alors, à mesure qu’elle s’avançait vers lui, au milieu de l’allée qui s’était ouverte pour elle, les jeans ont disparu, remplacés par la robe en strass ; les cheveux ont cascadé en boucles brunes sur ses épaules nues. Lorsqu’elle a glissé du bout de ses jolies lèvres le « viens » que tous les mâles de la salle rêvaient d’entendre, elle n’avait plus rien de l’insignifiante Anaïs Dancourt, dont la fiche personnage venait de prendre le chemin de la corbeille.
C’est assez magique comme sensation et la façon dont elle s’impose. Le personnage récalcitrant refuse de jouer le rôle que lui a attribué l’auteur. À se demander qui tire les ficelles.
J’agis différemment depuis. La description physique n’est pas ce qui prime, elle ne m’intéresse que moyennement. Sur le plateau de mon échiquier, je préfère déplacer une personnalité qu’une apparence. Les apparences, elles sont pour le lecteur, qui fait le choix de ne voir que ce qu’il veut voir ou d’aller plus loin.
J’établis donc une biographie du personnage ; connaître son passé et savoir ce qui l’a mené au moment où l’histoire commence est plus important que de savoir à quoi il ressemble.
La biographie d’Anaïs Dancourt remonte à sa grand-mère maternelle et à la rencontre de ses parents sur les bancs de la fac, mais tout cela n’est pas dans le roman, je ne l’ai pas détaillée pour ça.
Je suis intimement persuadée que la maîtrise du passé d’un personnage lui donne toute sa véracité.

Mylène Jampanoï

Mylène Jampanoï, ma représentation de Miss Zapping

Publicités

7 réflexions sur “L’auteur propose, le personnage s’impose

  1. Au début, quand on commence à écrire, on croit maîtriser nos personnages. Quand on se rend compte qu’ils troublent notre plume par leurs interventions inopinées, on fronce les sourcils. J’ai commencé à me battre avec eux, à hausser la voix pour me faire entendre. Cela n’a pas marché. Rires. J’ai appris à leur laisser de l’espace, à les suivre, à les laisser grandir et s’épanouir sous mes yeux. Il s’agit plus d’une collaboration à présent ; ils me racontent leur histoire et je l’écris.

    J'aime

    1. Pour ma part, j’ai pu constater que si je force un personnage à rentrer dans le chemin initial que je lui ai tracé, c’est moi qui en paie les pots cassés. Le plus important est alors de ne pas créer d’incohérences de comportement, d’intégrer les évolutions dans un processus normal.

      Aimé par 1 personne

  2. oui, d’accord avec toi, c’est la différence entre caractérisation et vrai caractère! Elisabeth George explique qu’elle écrit un rapport complet sur la psychologie de ses personnages avant de se mettre à écrire.
    Mais ce n’est pas toujours assez… Je pense qu’il vaut mieux laisser murir les histoires sans trop ficeler l’intrigue à l’avance ^^ Sinon on se retrouve avec une fille qui sort votre jeune héros de la prison où les adultes l’avait parqué alors que ce n’était pas du tout prévu dans l’intrigue. Mais que voulez vous, les personnages ont leur vie propre dans un coin de notre cerveau!

    Aimé par 1 personne

  3. Est-ce que nous pouvons faire apartir de cette oeuvre l’etude de personnage?Si oui veuillez m’aider,je suis etudiant et j’ai choisi ce texte comme pouvant me servir à élaborer mon Travail de Fin de Cycle.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s