Pourquoi écrire ?

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Quand on écrit se pose un jour ou l’autre la question du « Pourquoi écrit-on ? » Juste après vient le fameux « Pour qui écrit-on ? »
Le pourquoi est propre à chacun mais obéit souvent à un besoin de mettre en mots, au travers de fictions, des parts de soi qui ne pourraient pas s’exprimer autrement. On dit que l’écriture est le langage de l’inconscient. J’en suis intimement persuadée.
Mais pour qui écrit-on ? Sans doute au début écrit-on pour soi, jusqu’au jour où l’envie nous prend de confier notre prose à un autre jugement que le nôtre. Puis, si la chance est au rendez-vous, vient l’édition. Et voilà que cette première mise à distance de l’écrit soumis à un comité de lecture élargit la critique à un plus vaste public.
Pourquoi écrit-on ? Pour explorer des sujets ou des genres de prédilections. Pour raconter des choses de soi en faisant croire (à soi-même aussi) qu’il s’agit d’une fiction. Et pleins d’autres raisons.
Pour qui écrit-on ? Quand on a proposé sa production à l’édition, on aimerait répondre que si l’on accepte de se séparer d’une partie de soi, c’est bien qu’on l’a un peu écrite pour les autres. C’est sans doute vrai : on écrit pour soi et pour les autres en même temps.
C’est là que tout se complique. Quand on soumet une partie de soi au lecteur, le lecteur se l’approprie et aimerait bien, quand même, que l’auteur lui offre une part du gâteau au chocolat qu’il préfère.
Dilemme.
Quelquefois l’auteur n’aime pas le chocolat (bon, OK, c’est rare. Disons qu’il a d’autres préférences).
Cela me fait penser au Secret de Brokeback Mountain et à l’auteure de cette nouvelle, Annie Proulx, qui disait regretter de l’avoir écrite parce que les lecteurs lui reprochaient sa fin malheureuse et n’avaient pas compris qu’il était avant tout question d’homophobie, et non d’une histoire d’amour entre cow-boys.
Pour ce qui est des Ignobles, je voulais une image de fin qui reprenne l’image de début. Ainsi, la boucle était bouclée, et tout ce qui était en dehors de cette boucle appartenait à un avenir hors roman. C’est ce que j’ai fait pour la version numérique. La version papier (si je trouve l’éditeur adéquat) comportera un épilogue bonus, que j’ai écrit pour les lectrices qui me le réclamaient.
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