L’amour du bois

cc

Une passion pour le bois, sa chaleur, son odeur, sa texture, ce sentiment d’être proche de la nature, du vrai à son contact.
Il se trouve que l’un de mes personnages est menuisier.
L’été où j’ai commencé l’écriture des Ignobles, je suis allée au Bugue, en Dordogne, où j’ai visité le village du Bournat. Différents artisans présentaient leur travail en réalisant des objets devant les visiteurs.
Ce genre de coïncidences est toujours étrange. C’est comme si chaque chose trouvait sa place au bon moment. Je n’étais pas venue pour cela, mais mon intérêt pour le tourneur sur bois s’est vite transformé en opportunité à ne pas laisser passer.
Je me suis assise sur un banc, j’ai sorti le carnet et le stylo dont l’auteur ne se sépare jamais. Puis, en mimant la pro surbookée qui continue à bosser pendant que sa petite fille attend son jouet, j’ai noté à folle allure toutes les étapes que l’artisan nous expliquait.
Elles sont dans le roman, au chapitre 3, avec la présentation de l’objet final. Il faudra lire la fin de l’extrait pour en connaître la nature.
Tu vois ce bout de bois ? On lui donne le nom de carrelet, puisqu’il est carré. Logique. C’est du merisier, mais il pourrait s’agir de n’importe quelle essence, même si certaines sont plus agréables que d’autres à travailler.
Mathis, une main sur sa gorge encore serrée, écoute et observe sans comprendre où le menuisier veut en venir. Norbert fixe le carrelet dans le tour à bois, enfile ses lunettes de protection, et met le moteur en route. La vitesse du roulement est telle que le bois prend l’apparence d’un cylindre. À l’aide d’une gouge, l’artisan commence à imprimer sa forme au carrelet. La sciure vole, son odeur emplit les narines de l’adolescent qui se rapproche, fasciné. Le tour ralentit quelques secondes, le temps pour Norbert de saisir sa gouge de profil, afin de dessiner des contours plus précis dans son ouvrage. Il ponce le bois avec une toile émeri et frotte sa pièce avec une poignée de sciure pour enlever les dernières imperfections. Puis il réalise les finitions avec une feuille de bois. L’échauffement produit un liseré brun aux endroits où elle entre en contact avec la matière. Lorsque Norbert coupe les rotatives de sa machine, Mathis, ébahi, contemple la forme qu’a prise le carrelet de départ.
Un peu d’huile de noix pour lui donner une jolie couleur et voilà de quoi t’occuper.
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